Association des SAXophonistes

Fabrication

La fabrication des saxophones est un processus complexe et minutieux où plusieurs corps de métier (chaudronniers, assembleurs, acousticiens…) doivent conjuguer leurs savoir-faire de manière extrêmement précise pour élaborer un instrument qui peut comporter, pour l’alto, plus de 850 pièces.
Le corps de l’instrument, la culasse, le pavillon et le bocal relèvent du chaudronnier. Travail déterminant pour la définition de toutes les propriétés technologiques et acoustiques (ouverture, justesse, sonorité, ergonomie…).

Conception du corps, culasse et bocal

La fabrication du saxophone débute par le découpage du laiton (alliage de zinc et de cuivre). Le laiton se présente sous deux formes, soit en feuille, soit en tube. La découpe est différente suivant l’utilisation à venir des plaques: découpe de flancs (de forme trapézoïdale) pour l’emboutissage et de plaques pour l’usinage.

Le corps est fabriqué directement à partir d’une plaque de laiton précuit, découpé avec des cisailles spéciales ou guillotines. Une fois les bords de la plaque rejoints pour fermer le tube, ceux-ci sont brasés. Cette étape s’appelle le roulage à partir d’un flanc découpé.

Ensuite, le pavillon et la culasse sont emboutis: une matrice forme deux demi-pavillons ou deux demi-culasses sous une presse de 35 tonnes. Ce procédé s’appelle l’emboutissage. Les pavillons des altos et ténors sont confectionnés de la même manière. La conception des pavillons de baryton et des basses diffère, ceci en raison de leur taille. Ils sont directement conçus dans une plaque et découpé à la cisaille électrique, et chaudronnée d’une seule pièce.

L’étape suivante consiste à souder les différentes parties obtenues. Les corps, bocaux, culasses et pavillons des instruments de grandes séries sont soudés à l’arc électrique sous atmosphère gazeuse (argon) et sans apport de métal (méthode T.I.G.).

Après cette étape, le corps, la culasse et le pavillon sont prépolis à l’aide d’une bande abrasive.

Vient ensuite l’étape de la conception du bocal et de son cintrage. La qualité du son, ainsi que son émission est caractérisée par la conception du bocal, en particulier par son alliage et par son angulation. Le bocal est pourvu d’une clé d’octave et il est fabriqué selon le même procédé que le corps, puis cintré à la glace et gonflé hydrauliquement. Les bocaux sont remplis d’eau et plongés dans une solution alcoolisée à -60 °C. Ce principe permet de ne pas déformer le bocal lors du cintrage.

Puis, c’est l’étirage au plomb, c’est-à-dire la mise en forme des pièces soudées sur un mandrin de référence pour le corps, le bocal, et le pavillon La rondelle de plomb plaque le métal sur le mandrin de forme.

Après avoir été formé, soudé par brasure (c’est-à-dire par ajout de métal) et étiré, le pavillon est “bordé”: un fil de laiton est roulé et serti en bordure de l’évasé Le bordage a pour but d’insérer autour de la cuvette du pavillon un jonc métallique qui en assure la rigidité.

Afin d’enlever les plus gros défauts les luthiers commencent un prépolissage par bandes abrasives en rotation, puis c’est le marquage des logos que l’on obtient à l’aide d’un mandrin de forme et d’un outil de marquage en négatif.

Conception des cheminées et du clétage

La préparation des cheminées se fait par étirage du métal. Les cheminées sont étirées du tube, et non rapportées comme cela se faisait il y a encore quelques années. Il est procédé préalablement au perçage des avant-trous, puis à la réalisation des cheminées grâce à de nombreuses boules qui, en se retirant, étirent le métal. Ces opérations se font au centième de millimètre près. Il y a, suivant les saxophones, de 23 à 26 cheminées.

L’étape suivante consiste à fabriquer, préparer et poser les clefs.
Une clé est composée d’une tringle, d’une pointe, d’un rond et d’un levier de commande. Les clefs ou autres pièces plates sont également découpées dans une plaque de laiton avant d’être mises en forme à l’aide d’une presse. Une fois les supports de clefs soudés, un contrôle est effectué pour vérifier la conformation sur un gabarit. Ensuite, les excédents de soudure sont nettoyés en bains d’acides. Les patins et les boules sont soudés définitivement à l’étain.

Les étapes de finitions

Le pavillon et la culasse sont également soudés à l’étain. Le corps, le pavillon et le bocal sont trempés dans différents bains d’acide et de rinçage afin d’enlever les excédents de soudure, et les diverses traces qui pourraient se trouver sur ces parties. Cette étape s’appelle le désétamage.

Puis c’est l’étape du polissage et du vernissage au pistolet puis séchage au four (pour les clefs, le corps, la culasse, le pavillon et le bocal). Les clefs (appelés garniture) sont ensuite préparées avec l’adjonction des nacres et des tampons. La nacre provient d’une espèce d’huître perlière d’Australie, la Pinctada Maxima. Ensuite, une gravure à la main est effectuée, avant de monter l’ensemble de l’instrument et de vérifier le bouchage des clefs.

Tout au long du montage, les différentes étapes sont rigoureusement contrôlées, afin d’éviter des problèmes de conception.

Pour finir, des tests acoustiques sont réalisés par des essayeurs. Le saxophone peut enfin être commercialisé.

Stéphane Sordet
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