Association des SAXophonistes

Masanori Oishi – SMOKE

Masanori Oishi – SMOKE
Ordradek records
ref: ODRCD359
UPC: 855317003592
Durée 1h10
Décembre 2018
notre avis

L’introduction de “Smoke” ce fait avec “Spell Song” de Toshio Hosokawa, ce titre débute le disque de Masanori Oishi, dédié à la musique japonaise pour saxophone.
Dès le début, nous avons une impression d’improvisation qui peut facilement nous faire penser à la musique traditionnelle de Shakuhachi (flûte traditionnelle japonaise) et qui nous plonge dans l’écoute de ce qui va se passer.
“Initial S” de Kenji Sakai est la deuxième œuvre du CD. Avec deux plans, un très rythmique et un très lyrique, on a presque l’impression d’une danse, suivie de moments à la fois intime et vertueux, avant de revenir sur l’idée initiale.
Ensuite, un grand moment d’introspection avec la composition de Akira Nishimura “Water Shadow”. Si on pensait à la musique de Shakuhachi avec l’introduction de ce disque, on le pensera encore plus ici. Les phrases de cette œuvre sont riches et les effets sont placés au service d’un phrasé calme et tendre, déclamé, passionné et énergétique.
Finalement, que peut-on faire avec un saxophone ?
La réponse est sans doute “quasiment tout”, et en voilà un argument fort dans “Sakana” de Dai Fujikura. Son utilisation libre et expressive de l’instrument fait que l’on se détache de la technique instrumentale, ainsi que de notre conception musicale habituelle pour se laisser emporter par les atmosphères évoquées par cette composition.
L’œuvre “Embers” de Yuji Takahashi nous ramène dans un climat de méditation à la fois introspectif, et grave, majestueux.
“Smoking Prohibited – A Bay Street ballad” de Yoishi Sugiyama fait penser à une improvisation influencée par le jazz et qui nous transporte dans les rues de New York.
“Solitaire” de Ichiro Nodaira est l’œuvre choisie pour clore ce disque en beauté, dans l’introspection et la simplicité de la monodie.
Masanori Oishi, avec ses brillantes interprétations et ses choix musicaux réussit à nous prouver qu’un saxophone seul a la capacité de nous faire voyager au plus profond de nous.
À découvrir !

Pedro LEITE TEIXEIRA

Un disque unique de musique japonaise évocatrice pour saxophone, interprétée par un artiste spécialisé dans ce répertoire, Masanori Oishi.
De Yuji Takahashi à Dai Fujikura, cette compilation rassemble les œuvres de sept compositeurs de différentes générations. Si l’album permet aux auditeurs de profiter des riches capacités expressionnistes de Masanori Oishi, qui manipule librement le son du saxophone, il présente également ce que les compositeurs japonais ont à offrir.
Parmi les points forts de l’album, citons la musique de Dai Fujikura, qui a été reconnu par d’éminents compositeurs européens tels que Pierre Boulez, George Benjamin et Péter Eötvös, et qui a développé un style musical progressif, ce qui lui a valu la réputation d’être un compositeur en pleine ascension. Son œuvre pour saxophone SAKANA a été inspirée par “la lumière qui se reflète sur le corps d’un poisson nageant dans l’eau”. L’eau est un thème qui figure également dans Water Shadows d’Akira Nishimura, décrit par le compositeur comme évoquant “le son des qualités de l’eau” ; la pièce comprend une riche mélodie de milieu de gamme dans la partie centrale, avec des accords en multiphoniques avant et après la mélodie évoquant la sensation d’être dans l’eau.
En revanche, l’élément du feu a inspiré Embers de Yuji Takahashi, dans lequel chaque phrase est répétée à la fin d’une autre, créant une chaîne qui se chevauche, pour finalement s’apaiser comme une flamme qui s’éteint. Avec la sonorité profonde d’un saxophone baryton, l’interprétation de cette pièce par Oishi est profondément méditative. Smoking Prohibited, A Bay Street Ballade de Yoichi Sugiyama est un hommage émouvant à Eric Garner, qui contraste l’hymne américain avec une chanson spirituelle afro-américaine, Lay This Body Down, largement chantée pendant la guerre civile.

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