Robert Lemay Slow swirl at the edge of the sea (Hommage à Mark Rothko)

Robert Lemay
Slow swirl at the edge of the sea (Hommage à Mark Rothko)
Note en Bulle éditions
Ref : NeB 59
Niveau 3ème cycle / Durée ~ 00:18:00 / Genre contemporain
Pour saxophone alto violon et piano
notre avis

Slow swirl at the edge of the sea” est un tableau de Mark Rothko représentant deux créatures dansant entre mer et ciel, entourées par des arabesques, des spirales et des rayures. Les formes “n’ont aucune association directe avec n’importe quelle expérience visible particulière, mais en eux on reconnaît le principe et la passion d’organismes,” a dit Rothko. Pour lui l’art était “une aventure dans un monde inconnu”, comme les surréalistes avant lui, Marc Rothko s’inspirait de son moi- intérieur, dans son inconscient et subconscient, pour puiser l’inspiration et la matière dans son travail.
Dans ce tableau, il y a certainement le sentiment d’une connexion à l’art antique, et aussi un lien à une sorte de forme de vie pré-humaine apparaissant brusquement… Peint lors de sa cour avec sa deuxième épouse, il est probable que Slow Swirl de Edge of Sea représente Rothko et Mell. Ce tableau est exposé au Moma.

Robert Lemay, dans cette composition rends hommage à Mark Rothko à travers ce tableau.
Empreint de douceur, de mélisme, cette œuvre originale de Robert Lemay est à la fois visuelle et auditive.
S’inspirant des grands principes de compositions sur l’évolution de la pulsation, Robert Lemay construit ses phrases et sa structure en un long flux et reflux de la pulsation… celle-ci calme au début, s’anime progressivement pour nous emmener vers des tempos très vifs, qui à l’écoute n’apparaissent pas. Puis, pour conclure l’œuvre, le tempo ralenti et disparaît avec les nuances al niente des musiciens…
La composition aussi est empreint de flux et reflux de phrases mélodiques à la fois sonores et dynamiques, et de séquences plus douces proches du silence.
Dans cette œuvre, Robert Lemay superpose à la perfection les instruments en mélangeant subtilement les timbres et les couleurs des instruments. Les lignes contrepointiques évoluent en couches très variées allant de 3 instruments solos, à duos plus un instrument ou toutes les combinaisons possibles à trois instruments. Ceci apporte des couleurs très variées dans le discours musical et permet à l’auditeur de rester captivé par chaque séquence musicale.
L’écriture de Robert Lemay est reconnaissable, elle est ici transcendée par le tableau de Mark Rothko, et nous laisse dans cet imaginaire abstrait, où nous avons à la fois une vision auditive globale du tableau, mais aussi, des petits focus sur des points particuliers de l’œuvre comme si notre œil (et aussi notre oreille) restait attaché à un motif du tableau.
Robert Lemay, utilise des techniques d’écritures contemporaine, mais sans excès et ceci au service de la mélodie, des couleurs et de la qualité musicale.
Cette pièce de musique de chambre est une merveilleuse composition de concert, qui permet au saxophoniste de jouer dans une formation assez inhabituelle mais au combien intéressante.

Mon avis : une composition de toute beauté, un merveilleux hommage à Mark Rothko

Stéphane Sordet