Association des SAXophonistes

Arno Bornkamp – Dance Bach by Bornkamp

Arno Bornkamp – Dance Bach by Bornkamp
label GENUIN
ref : GEN 20681
Barcode: 4 260036 256819
Label Code: LC 12029
sortie Février 2020
durée 68’15
notre avis

Cet album s’ouvre sur la suite n°2 pour violoncelle, qu’Arno Bornkamp choisit d’interpréter au saxophone baryton : Prélude, Allemande, Courante, Sarabande, Menuet et Gigue. Le baryton se prête bien à cette profondeur sonore et ronde du violoncelle, avec en plus, dans les aigus, ces accents d’une intense, poignante et mélancolique délicatesse. Nous nous laissons volontiers bercer par la fluidité de l’interprétation. Le saxophoniste paraît nous parler avec tout le naturel du monde, et nous entraîne dans son récital.
Suit la Partita pour flûte en la mineur. Arno Bornkamp s’arme cette fois du saxophone soprano. Ses aigus s’envolent, plus purs, vers quelques hauteurs éthérées, tout en légèreté. Nous nous laissons porter sur les phrases de l’Allemande, montant, puis descendant, remontant et redescendant sans cesse. Puis nous entraîne la Courante, légèrement plus rapide et enjouée. S’empare ensuite de nous la douce rêverie de la Sarabande, qui est presque une prière ou une incantation. Enfin, la Bourrée anglaise, égayée, rebondissante avec calme et néanmoins déterminée, aux notes graves posées et sonores, profondes, résonnantes.
C’est au saxophone alto que le saxophoniste interprète cette fois la Partita pour violon en ré mineur. L’Allemande nous invite au recueillement, tandis que la Courante à la danse, une danse décidée. Notre esprit s’évanouit ensuite aux éphémères élans de la Sarabande, qui toujours semblent être rappelés dans les résonnances des notes graves. Nous entrons dans un état second, avant que la Gigue nous rappelle à la vie et nous redonne quelque doux espoir, et notre esprit part dans les allés et retours des graves à l’aigu, de l’aigu aux graves.
Et enfin, la plus longue, et, nous semble-t-il, la plus merveilleuse pièce de l’album, au point qu’il nous était difficile de ne pas lui consacrer un paragraphe : la Chaconne. Bien qu’ayant un air de déjà entendu, notre oreille se trouve prise au charme des accents du saxophone alto. Long monologue incessant et ininterrompu, longue introduction à un déchaînement passionnel puissant. Le voilà qu’il se met à filer, à enchaîner les notes en cascades, à monter fugitivement dans les aigus, puis à redescendre, reprenant ici et là l’idée initiale. Il introduit de nouvelles idées, endiablé et acharné, comme si c’était dans d’un même souffle.
Dance est plus qu’un album. C’est un récital. Il nous plonge, à sa façon, dans un univers où cohabitent Bach et les saxophones, et se réunissent toutes les plus subtiles grâces musicales.

Maxime Ralec

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