Geb et Nout

« Geb et Nout »
Pascale JAKUBOWSKI
Éditions Fuzeau – Collection Nouveaux horizons/Les cahiers de l’électro
Niveau 1C4 / Durée ~ 00:04:00 / Genre contemporain / Réf. 8631
Pour saxophone alto et bande magnétiques, saxophone alto et timbales, saxophone alto et violoncelle
notre avis
Les éditions Fuzeau nous proposent des nouvelles collections (en collaboration avec J.M Goury) consacrées à notre instrument. Certaines pièces sont des rééditions, d’autres des pièces jusque-là non éditées, et bien sûr des nouveautés.

Geb et Nout est une pièce commandée par l’ASAX. Elle s’adresse à des élèves de fin de premier cycle.
Elle est en trois mouvements, un prélude puis Geb et Nout 1 et 2.

Dès le prélude, l’atmosphère est posée. Le saxophoniste nous entraîne en Afrique du nord (région chère dans le cœur de la compositrice) avec une mélodie mélismatique et mystérieuse qui répond à une résonance d’un tam-tam enregistré sur la bande.
Geb dieu de la terre et Nout déesse du ciel, semble s’affronter dans les mouvements suivants, tout d’abord dans le caractère grave du timbre de la timbale et du cri plaintif du saxophone (Geb et Nout 1), mais aussi dans l’opposition entre la partie mesurée et les improvisations (Geb et Nout 2).

Cette pièce est idéale pour les concerts et pour les examens de fin de cycle. Elle est complète et très riche musicalement.
Quelques quarts de tons, multiphoniques, glissées…

Pascale Jakubowski étudie le piano, la clarinette, l’harmonie, l’analyse musicale et la composition. Très tôt associée à des réalisations pluridisciplinaires, elle établit des correspondances entre certaines œuvres d’artistes plasticiens et sa palette sonore. Elle sculpte des sons concrets pour créer de nouvelles architectures musicales grâce à des outils qu’elle expérimente à l’IRCAM à Paris.

Pendant neuf ans, elle est chargée de cours de formation et d’analyse musicale auprès d’élèves et de professeurs d’écoles nationales de musique et de conservatoires.
Puis elle se consacre entièrement à la composition. Au cours de ses dernières résidences, elle distille un peu d’utopie en concevant des partitions où se côtoient des musiciens amateurs, des musiciens professionnels et des interprètes des musiques du monde. En juin 2005, la SACEM lui décerne le prix « Pierre et Germaine Labole ».

Elle répond également à des sollicitations concernant l’aspect le plus singulier et le plus virtuose de son langage. Son écriture atonale échappe à toute rigueur systémique. L’exploration des micro-intervalles et de la multiplicité des modes de jeu à l’instrument, révèle l’expressivité et la tenue d’un discours largement irrigué par d’autres formes d’art.

Ses œuvres font l’objet de commandes de l’État, de Radio France, de festivals, de départements, de solistes et d’ensembles instrumentaux. Elles sont créées aussi bien en France qu’à l’étranger, Radio France, festival Aujourd’hui musiques à Perpignan, Centre national de création musicale à Marseille, festival international des Musiques et créations électroniques de Bourges, festival international de Fiuggi en Italie, National Concert Hall de Dublin en Irlande, « Cid-femmes » au Luxembourg, université de Montréal au Québec, université d’Alberta au Canada, universités d’Huntington et de Northwestern aux États-Unis… Elles sont également diffusées lors d’émissions qui lui sont consacrées, Alla Breve sur France Musique ou À nouveau la musique sur France Culture.
Dans Rencontre entre artistes et mathématiciennes, un livre publié chez l’Harmattan dans lequel est inséré un CD d’une œuvre électroacoustique, Dans les yeux des nomades, elle nous invite à partager son aventure artistique et intellectuelle. L’attachement à son pays natal, l’exil et les conflits l’incitent à élaborer une œuvre engagée, à tisser des liens entre différentes cultures, à rester attentive aux contextes.

Mon avis : très belle pièce, à posséder impérativement dans sa bibliothèque.

Stéphane Sordet