Concours de composition Hélianthe – entretien avec Maxime Tournebize

Concours de composition Hélianthe

 

Entretien avec Maxime Tournebize, membres de l’ensemble Hélianthe organisateur du concours de composition

A.Sax : Maxime, pourrais tu nous décrire le concours

Maxime Tournebize : Le concours Hélianthe est un concours de composition d’œuvres pédagogiques pour saxophone dont le jury sera constitué de l’ensemble des élèves des classes de saxophone de France. Il y a donc deux manières de participer au concours. L’une en tant que compositeur, l’autre en tant qu’élève saxophoniste.

À travers ce concours, nous souhaitons :

– Enrichir l’action pédagogique en impliquant nos élèves et le monde amateur dans la découverte et la promotion des compositeurs.
– Valoriser les compositeurs et les orienter vers le saxophone.
– Œuvrer pour un décloisonnement artistique, c’est-à-dire pour la constitution d’un répertoire qui comprend le saxophone mais pas que…
– Rassembler les amateurs et les professionnels.

Les compositeurs intéressés par le concours ont eu jusqu’au 9 janvier 2017 pour nous faire parvenir leurs œuvres.

Un jury composé des membres de l’ensemble Hélianthe et de représentants des partenaires du concours a effectué une première sélection. Les oeuvres retenues ont créées et enregistrées par les musiciens d’Hélianthe pendant « Ecritures 2017 » à Angoulême – journées consacrées à la création avec saxophone se déroulant à Angoulême au conservatoire Gabriel Fauré. .

Chaque classe pourra ensuite organiser son événement en utilisant le matériel fourni par le concours (partitions et enregistrements) et aura jusqu’au 5 juin 2017 pour nous faire parvenir leurs votes via la plateforme internet

L’annonce des résultats se fera à l’occasion d’une cérémonie au Showroom Selmer le 16 juin 2017. Trois prix seront décernés à cette occasion : les deux oeuvres ayant obtenus le plus de voix de la part des élèves, et le prix des mécènes.

Ce concours de compositions à la particularité et la vocation de faire passer entre les mains de nos élèves qui forme l’essentiel du jury les œuvres originales sélectionnées pour la finale. Cette première édition a vu concourir une quarantaine de compositeurs, nous avons présélectionné neuf de leurs œuvres avec l’aide de nos partenaires, représenté par Christophe Bois (pour MD publications) et Vincent David (pour Selmer Paris).

En voici la liste :

Pandémonium de Vincent Balivet pour saxophone alto et bande ou ensemble rock (2 guitares électriques saturées, 1 guitare basse, 1 vibraphone, 1 batterie)
Devil’s Dance de Mendoza Maria pour saxophone alto et piano
Mystic Rave de Emmanuelle Lerouge et  Emile Lukas pour saxophone alto et bande-son électro
L’éveil du papillon de Valentin Capdevila pour deux saxophones altos
Cagomée, mes cageots de Yasunoshin Morita pour deux saxophones altos
Hymne au dragon couché de Vincent Decleire pour saxophone alto et percussion (Tam-tam (métallique) : baguette, balai jazz, archet) et Comédien (facultatif)
Réplic de Duarte Dinis Silva pour saxophone alto et piano
ZWK 09.01.17 de Sébastien Rousselot pour saxophone et piano
« Ma », le temps et l’espace entre… de Andrea Padova pour saxophone alto et piano

Nous rappelons que le Concours Hélianthe est un concours de composition d’œuvres pédagogiques pour saxophone dont l’objectif premier est de faire se rencontrer le monde de la création avec  l’enseignement artistique. À ce titre, les parties d’accompagnements doivent être réalisables par des élèves de fin de deuxième cycle maximum (éventuellement deuxième cycle d’accompagnement pour le piano).

Trois prix seront décernés. Les deux premiers suivant le vote de l’ensemble des classes de saxophone de France partenaires où chaque élève et chaque professeur votera après étude des neufs œuvres finalistes. Le troisième prix sera le fruit du vote des mécènes qui auront une voix par tranche de 10€ de don, nous permettant ainsi d’étendre l’audience du concours au-delà de notre « monde du saxophone ».

Les votes s’effectueront sur la plateforme en ligne

La création a eu lieu le samedi 4 février par l’ensemble hélianthe au conservatoire Gabriel Fauré de GrandAngoulême et en présence des compositeurs Andrea Padova, Maria Mendoza et Sebastien Rousselot que nous remercions pour leur présence et leur intervention très enrichissante pour le public.

Chaque classe qui participera à ce concours aura l’occasion d’organiser sa propre séance du concours sous la forme de son choix. L’inscription de votre classe au concours vous donnera accès au matériel : enregistrements et partitions des œuvres finalistes (disponibles en téléchargement à partir du 13 février 2017).

Les trois compositeurs lauréats verront leurs œuvres publiées par Robert Martin et recevront une commande dont la création aura lieu en 2018. 1er prix de 1500€, 2ème prix de 800€, Prix des mécènes de 800€

Les élèves ainsi que tous les mécènes votants ont donc la responsabilité de l’attribution de ces commandes. C’est le pari que nous faisons pour nourrir l’intérêt de chacun. La nôtre (de responsabilité) étant de provoquer le lien entre compositeurs et public en faisant prendre conscience à ce dernier qu’il joue un rôle dans la création, sa vie et sa trajectoire future. Il n’y a pas de musique vivante sans créateurs, il n’y a pas de créateurs sans public.

Les autres œuvres finalistes non lauréates pourront être édité chez MD publications.

A.Sax : Sans dévoiler un résultat ou influencer les jurys, avez-vous eu des belles surprises ?

Maxime Tournebize : La première bonne surprise est l’intérêt que les compositeurs ont montré envers le concours. Cela indique qu’il y a un réel besoin pour nos compositeurs de faire connaitre leur travail. Andrea Padova est venu d’Italie et Maria mendoza d’Espagne pour présenter leur œuvre lors de la création ! Je vous assure que la rencontre avec ces compositeurs et leur engagement pour leur art fut pour nous très inspirante et je vous encourage donc à prendre contact avec eux ou avec les autres compositeurs finalistes. Globalement, nous sommes satisfaits de la qualité et de la diversité de notre présélection pour cette première édition. C’était une question et une incertitude importante. Parmi les bonnes surprises je pense aussi à une œuvre que nous avons dû écarter mais qui nous avait beaucoup séduits. Malheureusement elle ne répondait pas aux critères de notre règlement par sa difficulté trop élevée. Nous gardons contact avec les compositeurs.…

Nous avons procéder à la présélection sans nous consulter car nous ne voulions pas nous influencer les uns les autres. Nous n’avions donc pas harmonisé nos critères en dehors des objectifs généraux fixés dans notre règlement. Cela changera peut être pour une prochaine édition, mais malgré quelques divergences qui ont finalement permis la diversité du résultat, nous sommes tous unanime pour dire que c’est une belle sélection. Nous aurons donc plaisir à la partager avec nos élèves et nous espérons que vous aussi!

A.Sax : Quels étaient les formations surprenantes où les recherches pluridisciplinaires intéressantes ?

Maxime Tournebize :Pour des raisons d’équité je vais essayer d’évoquer plusieurs aspects que nous avons rencontrés, sans jugement de valeurs. Je vais essayer d’être le plus synthétique possible !

La Bande son de Pandémonium est une « réduction » d’un ensemble de rock qui forme un ensemble assez original et surprenant. Nous avons demandé au compositeur de fournir un enregistrement afin que la pièce soit conforme au règlement, mais les parties séparées de l’ensemble rock existent, et le jeu en live doit être une expérience motivante ! Avis aux amateurs…

C’est intéressant de voir aussi les collaborations qui se font parfois entre compositeurs comme avec la pièce Mystic Rave ou un des compositeurs (Emmanuel Lerouge) a écrit le saxophone et l’autre (Emile Lukas) s’est chargé de la bande son. Une composition à quatre mains en somme !

Personnellement, même si nous n’en avons présélectionné qu’une (L’Hymne au dragon couché), j’ai été sensible aux associations saxophone/percussions qui abordent la musique de chambre autrement que dans le traditionnel duo saxophone/piano avec des couleurs différentes.

La relation entre un geste chorégraphique et le geste musical, notamment abordée dans Mystic Rave, Replic ou suggérée dans Cagomée ou Devil’s Dance est aussi très intéressante, de même que le lien à une œuvre picturale (Ma, le temps et l’espace entre…, Pandémonium, ZWK 09.01.17) ou à un texte (l’Hymne au dragon couché) éventuellement associé à une vidéo (L’éveil du papillon). De fait ces œuvres nous offrent de bonnes raisons pour rencontrer sur scène danseurs et/ou comédiens !

Certaines œuvres comme Ma, le temps et l’espace entre… ou ZWK 09.01.17 abordent aussi des aspects plus abstraits et philosophique susceptible de nourrir l’univers intérieur de l’interprète et donc son interprétation…

A.sax : Combien avez-vous reçu de partitions et d’où viennent les compositeurs ?

Maxime Tournebize : Le chiffre avoisine la quarantaine mais seulement trente-quatre répondaient aux critères fixés par notre règlement. C’est néanmoins un beau chiffre pour une première édition.

Les compositeurs viennent de partout : France, Espagne, Italie, Japon, Colombie etc. C’est un aspect très positif

A.Sax : Est-ce que toute la famille des saxophones est représentée ?

Maxime Tournebize : Non, pas pour cette année et c’est un choix de notre part. Nous souhaitons en effet que toutes les classes de saxophones puissent s’approprier cet évènement y compris dans les écoles associatives qui ont moins de ressources matériel. Nous avons donc préféré orienter les compositeurs sur le saxophone alto. Nous avons aussi limité les technologies de diffusion à des bandes stéréo pour les mêmes raisons. Mais la question se pose pour les prochaines années. Je pense que les deux duos qui ont été présélectionnés peuvent raisonnablement s’adapter à un autre saxophone.

A.Sax : Est-ce que l’intérêt des classes de saxophones a été important ? Combien y a-t-il de classes qui se sont inscrites ?

Maxime Tournebize : Il y a beaucoup de curiosité mais il est encore un peu tôt pour répondre à cette question, l’heure des bilans n’est pas encore arrivé… Nous attendons une vague d’inscription maintenant que la présélection a été révélée et une présentation du concours aura lieu le 23 février au showroom Selmer pour les curieux hésitant… Nous abordons donc une étape importante de notre projet.

A.Sax : Quand est ce que le jury/classe de saxophone aura les enregistrements et partitions ?

Maxime Tournebize : C’est possible depuis le 13 février sur la plateforme en ligne.

A.Sax : Pensez-vous déjà à un prochain concours ?

Maxime Tournebize : Oui, nous souhaitons pérenniser l’évènement et l’améliorer. Nous avons déjà engagé quelques réflexions en ce sens.

J’ai déjà évoqué l’intérêt des compositeurs pour le concours. Nous avons communiqué assez tardivement sur l’évènement et certains compositeurs qui ne pouvaient pas participer faute de temps nous ont fait part de leur désir de participer à une prochaine édition, ce qui légitime notre initiative et nous encourage à poursuivre. Mais il faut aussi que la formule séduise les professeurs et leurs élèves ainsi que les mécènes… Aujourd’hui nous sommes concentrés sur cet aspect et nous verrons plus tard pour décider si oui ou non il y aura un prochain concours.

Notre première expérience à Angoulême a été positive et va en ce sens. Et plus personnellement, je viens de prendre mon poste à Saint Jean de la ruelle et ce concours me permet de construire un projet de qualité que je partagerai avec mes collègues dans une dynamique d’interdisciplinarité que je n’aurai pas pu réaliser aussi rapidement autrement. Je pense que ce concours peut contribuer à créer un répertoire pédagogique qui favorisera les collaborations et invitera à la réflexion, même simple : qui a écrit cette œuvre ? De quoi elle parle ? Est ce qu’elle me plaît ? Pourquoi ? Pourquoi pas ? …

A.Sax : Le mot de la fin…

Maxime Tournebize : Un chaleureux remerciement à nos partenaires, à l’Asax et à toutes les personnes qui donneront une chance à ce projet…

merci à Maxime Tournebize et les membres de Hélianthes pour cet entretien.