Archives de catégorie : Livres

Lester Young

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« Lester Young »
Alain Gerber
Éditions Fayard

Alain Gerber sait raconter des histoires. À la radio (tous les soirs sur France Musique), dans ses biographies, ses essais, il raconte le jazz comme personne. Alors quand il parle d’un des plus grands poètes du jazz, cela donne un condensé de poésie et d’émotion. Notez bien ce mot car lorsqu’il s’agit de biographie, on échappe rarement à la froide chronologie des faits, aux surenchères de détails inutiles ou aux interprétations subjectives. De l’émotion, rarement.

Ici vous saurez tout sur le « Prez » et avec la manière, à l’image des solos de Lester Young. Gerber nous ballade, par des chemins détournés, à travers les dates, les mythes et nous montre les faiblesses du président, les trop rares moments de gloire. Lester Young dandy du saxophone, grâce et nonchalance, oui mais bien plus que cela. Et Gerber nous le dévoile. Avec élégance, encore de l’élégance.

Laurent Matheron

Les singularités flottantes de Wayne Shorter

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« Les singularités flottantes de Wayne Shorter »
Stéphane Carini
Éditions Rouge Profond – Collection Birdland

Et si vous dépassiez vos préjugés sur Wayne Shorter ?

La pâle copie de Coltrane s’entourant de sa rythmique, l’ombre de Miles, le bon compositeur mais saxophoniste quelconque…

Bien sûr, il suffirait d’écouter quelques disques pour les faire tomber un par un. Avec Les singularités flottantes de Wayne Shorter, Stéphane Carini nous ouvre un peu plus l’horizon en détaillant l’univers musical du saxophoniste. Il ne s’agit ni d’une biographie, ni d’une analyse harmonique des œuvres shorteriennes, mais juste, (et en parcourant la bibliographie, on s’aperçoit combien un tel essai pouvait faire défaut, enlevons donc le « juste ») une mise en perspective de l’œuvre de Wayne Shorter.

Comment ce saxophoniste a su se démarquer de ses aînés envahissants (Coltrane, Rollins) mais aussi de ses leaders (principalement Blakey et Miles) en développant un univers personnel.

En associant d’abord la figure de John Coltrane puis celle de Miles Davis, S. Carini nous plonge dans l’œuvre de Shorter. Au concept de« transgression » coltranienne, l’auteur oppose celui de « réagencement » en prenant appui sur les différents axes du discours de Wayne Shorter. Et les apports du saxophoniste deviennent évidents : par exemple la notion de « préambule » (le magnifique Witch Hunt en est l’exemple parfait) ou bien de « dissémination » qui fait éclater le traditionnel thème-impro-thème (Dolores ou Nefertiti).

A travers la collaboration avec Miles Davis, S. Carini nous décrit un Wayne Shorter « acteur », saxophoniste extrêmement souple, capable de changer de son et de discours selon les formations qui l’accueillent. Le tableau qui récapitule les sessions de studio entre 1964 et 1970 (durant sa collaboration avec Miles) donne le vertige. Les enregistrements s’enchaînent, comme autant de chefs d’œuvres.

Ce premier livre, en Europe, consacré à Wayne Shorter est une réussite. S. Carini ose prendre le contre-pied de la critique jazz, et en s’appuyant sur des exemples musicaux précis (nombreux mais jamais étouffants), il nous livre une vision de l’œuvre du saxophoniste, originale et juste.

Un ouvrage essentiel, dont on sort convaincu et qui vous donne une furieuse envie de vous replonger dans les enregistrements du saxophoniste.

Laurent Matheron

La magie du déchiffrage

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« La magie du déchiffrage — méthode de lecture à vue pour tous instruments »
Pascal Le Corre
Éditions Van de Velde
126 pages – 18,30 euros

Pascal Le Corre est pianiste et professeur, titulaire des C.A. de piano, d’accompagnement et de musique de chambre, disciplines qu’il enseigne.
Les questions que tous musiciens se posent sur le déchiffrage, trouveront une réponse dans ce livre.

Pascal Le Corre nous donne les clefs pour réussir un déchiffrage. Il nous livre aussi des exercices à pratiquer. Il nous donne un apprentissage détaillé et progressif, et nous permettra d’acquérir les réflexes et le processus de lecture à vue employé par tout bon lecteur.

Mon avis : Livre aussi bien écrit pour des élèves, pour des professeurs ou des futurs pédagogues, désireux d’apprendre ou de se perfectionner dans le déchiffrage. Idéal pour les futurs candidats au C.A. et D.E.

Stéphane Sordet

Le lexique – Annotations et termes musicaux

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« Le lexique – Annotations et termes musicaux »
Alain Bonnard
Éditions BG

Si vous cherchiez un livre qui, sous la forme d’un petit dictionnaire, vous donne en quelques mots les définitions des termes musicaux, et bien vous avez trouvé.

Excellent travaille de synthèse d’Alain Bonnard, qui nous explique les termes les plus utilisés en musique, non seulement les termes italiens ou anglais, mais aussi allemand, espagnol, latin, tchécoslovaque…

Mon avis : devrait être présent dans toutes les salles de cours…

Stéphane Sordet

Sax, Mule & co

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« Sax, Mule & co – Marcel Mule ou l’éloquence du son »
Jean-Pierre Thiollet
Éditions H&D – Collection Grands interprètes
prix fixe de 28,50 euros

Journaliste et responsable de publication, J.-P. Thiollet est l’auteur de nombreux ouvrages. Il a été notamment rédacteur en chef au Quotidien de Paris, Président du Cercle Victor Eresko et coproducteur d’une intégrale des Études de Chopin. Ce livre contient le texte d’un long entretien que Marcel Mule (disparu en 2001) avait accordé à J.-P. Thiollet il y a une quinzaine d’années, alors qu’il vivait une retraite agréable au bord de la Méditerranée. « Enregistrés, les propos du maître ont fait l’objet d’un minimum d’intervention rédactionnelle. Dans un souci d’authenticité, ils ont été délibérément respectés tant au niveau de leur contenu que de leur expression. S’exprimant en toute liberté, Marcel Mule rétablit certaines vérités, met en garde contre des évolutions qui risquent d’avoir les plus regrettables conséquences, et appelle les compositeurs du monde à s’associer à un renouveau de la création artistique autour du saxophone. … témoignage capital… »
Avec un mini dictionnaire de 200 compositeurs pour saxophone.

Mon point de vue : Pour avoir rencontré personnellement Marcel Mule à Sanary, je retrouve dans ce long entretien toutes les réponses de mes questions posés au maître. Les anecdotes sont identiques à celles de la Vidéo réalisée par Gilles Martin (co-production CNSMDP et Vandoren) et de nombreux points communs avec l’incontournable livre sur Mule de Eugène Rousseau. Cependant, cet ouvrage se définit davantage sur la question omniprésente de l’avenir du saxophone selon Mule, si pessimiste à l’égard des compositions actuels, la non-intégration du saxophone à l’orchestre et la non-reconnaissance des solistes. Marcel Mule évoque fréquemment son mépris pour la musique de jazz. Avec cet entretien, J.-P. Thiollet nous dévoile le portrait d’un musicien intolérant et capricieux.
Comme dans le livre réalisé par Eugène Rousseau, J.-P. Thiollet établit une liste des élèves de Mule au Conservatoire de Paris, une discographie et des points biographiques sur le saxophoniste.
Conçu peut-être pour un public large, J.-P. Thiollet a nécessité également un bref historique de l’instrument, une présentation courte de la facture et fonctionnement du saxophone.

La seconde partie du livre est destinée aux compositeurs pour saxophone (200), notamment une grande majorité des auteurs d’œuvres dédiées ou créées par Mule (injustement oubliés ou sous-estimés selon J.-P. Thiollet) et apporte un éclairage sur des créateurs plus « actuels ».
« cet ouvrage n’a évidemment pas pour vocation d’en publier un recensement exhaustif… », il paraît oublier certains compositeurs majeurs (historiques ou actuels) à en croire la liste ô combien plus dense recensée par Jean-Marie Londeix dans son dernier répertoire universel.

Certains auteurs sont malheureusement « zappés » (notamment certains auteurs d’ouvrages pédagogiques)… et sont cités certains compositeurs qui ont boudé le saxophone (Eric Tanguy, Francis Poulenc par exemple). J.-P. Thiollet cite dans son mini-dictionnaire les compositeurs qui ont introduit timidement le saxophone à l’orchestre symphonique (Puccini) autant que les compositeurs que les saxophonistes ont l’habitude de transcrire ! (Mendelssohn, Rossini etc.)
Est-ce vraiment représentatif de notre répertoire fondamental ?
Point appréciable : les bio et notes sont claires et utiles pour la présentation d’un programme de concert.

A la fin de son livre, J.-P. Thiollet dresse une liste discographique « très-très sommaire » et peu représentative d’une réalité qualitative. Nobuya Sugawa est entre autres oublié !
J.-P. Thiollet dresse également une liste d’adresses utiles… si sommaire qu’elle semble prendre « parti ».

Nicolas Prost

Guide pratique du micro

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« Guide pratique du micro »
Norbert Pawera
Éditions Van de Velde
184 pages – parution le 13/01/2006

Quel micro pour quelle utilisation ?
Quels sont les meilleurs réglages micro pour les enregistrements en studio ?
Quels sont les trucs à connaître pour une captation réussie en live ?

Quelques-unes des questions auxquelles répond dans ce livre Norbert Pawera, ingénieur du son et musicien, qui nous livre ici tous les secrets de la prise de son idéale.
Riche en conseils et trucs pratiques, abondamment illustré, Le Guide pratique du micro s’adresse à tous les musiciens et ingénieurs du son qui souhaitent s’épargner beaucoup de temps et d’énergie pour se consacrer à l’essentiel : la musique.
Étudiant toutes les utilisations possibles du micro en studio, sur scène, à l’extérieur, de l’enregistrement individuel à la prise de son en multi-canal, cet ouvrage fait aussi l’inventaire des modèles actuellement sur le marché.

Guide très pratique pour ceux qui veulent faire, essayer ou se perfectionner dans la prise de son, et dans les enregistrements.

Stéphane Sordet

Filles de Sax

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« Filles de Sax »
Michel Brun
Éditions Le Publieur
Le rôle de l’A.SAX est de vous parler des nouveautés en saxophone.
Voici un livre qui vient de sortir et qui parle beaucoup de notre instrument.

Il s’agit de “Filles de Sax”, premier roman de Michel Brun. Éditions Le Publieur.

Michel Brun est graphiste de profession et pratique le saxophone en amateur depuis sa plus tendre enfance.

J’ai divisé le livre en deux parties.

Pour moi, la première partie est très naïve, très éloignée de la réalité, mais après tout, un roman n’est pas obligé de nous parler du quotidien et puis le public visé est plutôt jeune. Les jeunes saxophonistes, justement y trouveront des éléments très intéressants sur leur instrument favori (répertoire, historique, techniques…).
De plus, en exergue de tous ses chapitres, une petite citation donne un côté vivant au livre et le rend digne d’un certain intérêt.

Parlons de la seconde partie, qui pour moi, débute lorsque le quatuor se fait engager pour sa 1ère croisière.
L’histoire se noie dans un pseudo policier abracadabrant et glauque. C’est comme si on passait brusquement de l’insouciance de l’enfance aux pires horreurs inventées par les hommes : mafia, prostitution, trafic de femmes…
Le summum étant la (brève mais dure) description d’un viol collectif.
Je n’ai rien contre les livres policiers, bien au contraire, même les plus violents, mais il faut choisir son camp. On écrit pour les enfants ou pour les adultes. Difficile de faire les deux à la fois !
Alors, il est tout à coup impossible de laisser ce livre entre les mains des plus jeunes.

Il est vrai que ce roman est avant tout un prétexte pour parler du saxophone et que c’est suffisamment rare. Mais je n’ai franchement pas compris le trajet de l’écrivain.

En résumé, que dire ce livre ?

Disons que la 1ère partie est pédagogique et à conseiller plutôt à des jeunes filles de 10 à 12 ans, motivées par le saxophone mais à déconseiller pour les adultes qui le trouveront très “jeune”. Quant à la 2ème partie, elle n’est pas à laisser entre toutes les mains.

Vous aurez compris que je n’ai pas beaucoup aimé ce livre, même si je lui concède un côté pédagogique certain.

Libre à vous de juger par vous-mêmes, mais vous aurez été prévenus…

Nathalie Villedieu