Archives de catégorie : Disques

Vue d’en haut

« Vue d’en haut »
Céline BONACINA
Alefa Productions
Support disque / Genre jazz

notre avis
Salué unanimement par la critique jazz, couronné d’un 3e prix au dernier concours de La Défense avec Alefa !, il ne manquait plus que les félicitations de l’A.SAX.
Diversité des influences, cohérence du projet, saxophone soprano chaleureux, baryton énergique, alto incisif, cohésion du groupe, compositions originales :
un vrai bon disque de jazz !
Rythmiquement c’est un régal. Le trio claviers (hyper dynamique)- contrebasse – batterie, déroule un groove constant (mention spéciale au batteur polymorphe Hary Ratsimbazafy : il relance, se fait discret et précis, appuie le discours de ses compagnons). On ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec le groupe de Chris Potter (K. Hays – S. Coley et B. Blade). Céline Bonacina peut alors s’appuyer sur cette solide rythmique pour déployer de belles phrases au soprano (Ségaline) ou jouer la cohésion (Just Alone, Free Visa).
Des solos de soprano avec Image à Steve Lacy (on pense aux solos de Lacy comme le Clinkers de 77 chez Hat Hut), de baryton en ouverture (Bar Emergence) dans une esthétique plus contemporaine et avec la montée d’une pulsation terrassante, des morceaux plutôt funky comme Just Alone, aérien avec le bien nommé Vue d’en haut, on se régale !
Alefa ! signifie vas y fonce en malgache. Céline Bonacina a l’air d’avoir retenu la leçon.

Le disque est disponible auprès de alefa.prod@voila.fr

Laurent Matheron

Nouvel archipel

« Nouvel archipel  »
QUATUOR DE SAX INÉDITS
Dapheneo
Support disque / Genre contemporain / Réf. A709
Composition Sylvain Kassap
notre avis
Le quatuor de sax inédits est une nouvelle formation composée de Jean-pierre Baraglioli (saxophone soprano), Philippe Portejoie (saxophone alto), Clément Himbert (saxophone ténor), et Michel Supéra (saxophone baryton). Ce nouveau quatuor très actif, développe une grande énergie musicale pleine de finesse et de virtuosité ! Communiquant avec beaucoup d’enthousiasme son envie de jouer ensemble de découvrir ou de créer de la musique.

Le compositeur, Sylvain Kassap, musicien de jazz clarinettiste improvisateur qu’on ne présente plus, développe depuis les années 1990 son discours grâce à une musique contemporaine « métisse » qui fonctionne particulièrement bien au saxophone. (pour exemple les pièces pour saxophone solo telles que Balkanique ou Izeja éditées chez misterioso)

Il en parle lui-même :

« Je voudrais remercier le quatuor inédits d’avoir choisi de réunir sur un même disque 3 aspects de mon travail : l’écriture « contemporaine » que j’essaie de développer ; une vision du jazz tel que je le concevais et le jouais il y a 20 ans et l’intérêt que j’ai toujours eu pour les musiques de tradition populaire […] »

Ces trois thèmes donnant trois parties au disque :

Une première partie du disque est issue de la musique composée pour saxophone originale de Sylvain Kassap (à son insu ? comme il l’aime l’affirmer…) Une autre partie du disque est issue des arrangements efficaces de Philippe Portejoie relevés du disque clarinette solo de Sylvain Kassap, Foehn de 1986. Enfin une dernière partie du disque est un septuor avec Marcel Azzola (accordéon), Hélène Labarrière (contrebasse), et Kassap aux clarinettes sur des arrangements de sa musique déjà composée pour d’autres instrumentations et occasions.

Ce qui nous offre un très beau disque qui plaira autant aux spécialistes du genre qu’au public profane.

Contact : jp.bara@free.fr

www.quatuordesaxinedits.com site à venir très prochainement !

Jean-François Becquaert

Saxophares et Sémaphones

« Saxophares et Sémaphones »
QUATUOR CARRÉ MÉLÉ
Loreley
Support disque / Genre traditionnel – contemporain / Réf. LY021

notre avis
Nous assistons depuis quelques années à l’éclatement de l’image traditionnelle du quatuor de saxophones. Des formations aussi différentes que Xasax, Habanera, OS5IA, Diastema… proposent des concepts inédits, des compositions personnelles, des créations et s’entourent d’autres musiciens.

Le quatuor Carré Mélé se tourne lui, vers la musique bretonne. Et la démarche est vraiment originale. Julien Petit, Olivier Besson, Ronan Baudry et Nicolas Chapeland ne se contentent pas de jouer de la musique folklorique, ils ont demandé à des compositeurs d’arranger ces musiques traditionnelles et d’écrire des œuvres pour leur formation.

Les arrangements donnent de véritables surprises : Celte O’ Carré par Yves Chauris qui nous emmène du coté de S. Reich et T. Riley, ou Trip To Sky par Benoît Menut qui ne cesse de tourbillonner (ouverture du disque, un véritable tube !)

Les compositions sont à la hauteur. Et l’on suppose que l’enjeu était de taille : comment aborder un répertoire traditionnel sans tomber dans les clichés et ne rien sacrifier de sa personnalité pour les compositeurs comme Antoine Hervé, B. Menut, ou Y. Chauris. Pour Didier Squiban et Roland Becker qui évoluent dans le milieu de la musique bretonne il s’agissait sûrement de réussir à faire sonner le quatuor de saxophone dans un répertoire qui n’est pas le sien.

Tous proposent des œuvres originales, évocatrices, qui exploitent au mieux les possibilités du quatuor.

Avec Celtic medley, A. Hervé associe au quatuor, des percussions qui donnent tour à tour un coté très cérémonial et festif. La suite Graal en quête d’Y. Chauris avec un somptueux final (Les danseurs punis). Deux pièces de B. Menut, dont Trop breizh, sûrement la pièce la plus étrange du cd, qui commence comme une number piece de J. Cage pour subitement devenir une espèce de joyeux medley d’airs traditionnels détournés. Les trois courtes pièces de R. Becker (le Chant d’amour pour Kermaria) et la Porz gwenn suite de D.Squiban à l’introduction-choral très classique. Ces deux derniers montrent bien comment la musique bretonne peut s’ouvrir à de nouveaux horizons.

Une démarche originale et engagée. Un quatuor enthousiaste et séduisant.

Laurent Matheron

L’oreille percée 02

« L’oreille percée 02 »
QUINTETTE OSSIA
ossiasaxophones
Support disque / Genre jazz

notre avis
Prenez une des phalanges les plus réputées de l’hexagone.
Prenez des compositions personnelles qui nous emmènent du côté de L. Sclavis ou H. Texier (Etcetera, Allez Zou), vers le jazz West Coast et ses sections d’anches redoutables pour la précision des riffs et tutti (la fin de Pastel), des ambiances plus expérimentales aussi dans la veine de J. Cage (Nagy), mais aussi vers les quatuors du répertoire -Desenclos ou Françaix- (n’était ce pas auparavant le répertoire des 4/5e de l’ensemble ?). Et tout ceci s’enchaînant parfois au sein d’un même morceau !

Prenez cinq saxophonistes virtuoses et un son d’ensemble vraiment original. Un quintette à l’aise aussi bien avec des phrasés délicats, que pour installer une rythmique binaire. Des sonorités ni jazz, ni classique ou les deux à la fois, précises et expressives.
Prenez des improvisateurs qui se nourrissent de toutes les influences déjà citées. Capables de soutenir plus que d’accompagner, ou d’improviser collectivement (Improvisation#2). Alternent alors chorus intenses (Passacaglia), fines mélodies, énergie brute et recueillement.
Prenez l’« habillage sonore » réalisé par B. Merlier qui réussit à intégrer le quintette, le contourner, le bidouiller sans dénaturer le propos ou envahir l’espace. Ses interventions toujours pertinentes vous feraient presque regretter qu’il n’y en ait pas d’avantage.
Imaginez maintenant un disque où les frontières entre jazz, musique classique et contemporaine n’existent plus.

Un disque vraiment unique dans lequel les musiciens qui jouent ensemble se construisent leur propre répertoire.
Un disque où la maîtrise technique n’est qu’un moyen pour d’avantage d’expressivité.

Et maintenant glissez le nouveau cd d’OS5IA Saxophones dans votre platine.
Ça ne serait pas celui-là ?

Laurent Matheron

Fernande Decruck

« Fernande Decruck » Jean-Pierre BARAGLIOLI – Florestan BOUTIN
Dapheneo Support disque / Genre classique / Réf. A510
Composition Fernande Decruck
notre avis
Le dernier disque de Jean-Pierre Baraglioli, saxophone alto et Florestan Boutin, piano nous offre un travail rare sur la musique de Fernande Decruck. Enregistré en juin 2005 au studio Cargo, ce disque nous offre une recréation de la musique française des années 1930. C’est un travail de musique de chambre saxophone/piano délicat, intime interprété avec sensibilité, cœur, sans maniérisme. Je pense que vous apprécierez la chaleur et la pureté de la prise de son, ainsi que la musicalité et la souplesse de jeu des deux interprètes. Certaines de ces petites pièces sont de véritables petits bijoux pour saxophone alto classique, aux caractères sérieux ou plus légers. On ressent parfaitement l’atmosphère des compositeurs français du début du XXe siècle, avec une musique très colorée, toujours en mouvement. Le disque comporte des pièces éditées telles que les 8 pièces françaises aux édition Billaudot, Chant lyrique, et Selmera-sax édition Selmer. Les autres pièces sont issues d’un travail de recherche de Jean-Pierre Baraglioli qui a sorti de l’oubli le 3e et 5e chant lyrique, Stars under the moon, Sax-volubile, Complainte de Dinah, The red sax, Jazz toccata, Spleen, et The golden sax. Ceci grâce à la famille Decruck qu’il faudrait peut être contacter pour rééditer ces pièces… Contact/Trouver le disque : jp.bara@free.fr florestanboutin@yahoo.fr

Jean-François Becquaert

Paysages lointains

« Paysages lointains »
Jérôme LARAN
Le Conservatoire de Paris CREC
Support disque / Genre contemporain / Réf. 05/046
Composition Thierry Escaich, Pierre Jodlowski, Bruno Mantovani, Masakazu Natsuda, Astor Piazzolla
notre avis
Jérôme Laran signe ici un disque manifeste. Réalisé dans le cadre de son cycle de perfectionnement au CNSMDP, il mêle œuvres écrites avec (plus que « pour ») saxophone et improvisations.

On pense aux derniers opus de S. Bertocchi (Tandems) ou C. Georgel (Soledades) mais contrairement à ses aînés solistes, ici piano et violon entourent le saxophone pour des miniatures d’une grande intensité (sauf pour un solo au ténor). Nous assistons à l’instant de la création dans lequel pensée et spontanéité se conjuguent. Une grande complicité unit violon, piano (A. Markeas professeur d’improvisation générative au CNSMDP) et saxophone pour un jeu musical que l’on retrouve comme intermède entre chaque pièce écrite.

Pièces d’esthétiques et de format très variées :
Troisième Round de B. Mantovani, véritable concerto d’une grande virtuosité. La partie de saxophone tour à tour se fond dans l’ensemble orchestral ou s’affirme soliste. Chaque saxophone joué (ténor, alto, soprano et baryton) permet d’affirmer son identité, chaleur au ténor, soprano volubile… et de se confronter à chaque instrument de l’orchestre.
Avec Mixtion de P. Jodlowski, le saxophone rencontre un univers électronique foisonnant, riche et mouvant. Le dispositif mêle temps réel et sons fixés. Le compositeur explique : « Le temps de l’œuvre se déroule comme la découverte d’une ville dont la richesse proviendrait de ses multiples facettes. » Le saxophone est ici le promeneur étranger, surpris ou charmé qui s’immerge dans cet univers sonore.
Une version âpre de West or evening song in autumn de M. Natsuda. Un discours au soprano toujours mouvant, ponctué par des percussions, qui nous emmène bien au-delà de la musique occidentale. Saxophone, nouvel instrument traditionnel japonais ?
Un arrangement de Milonga del Angel d’A. Piazzolla permet un retour à un univers plus conventionnel. Arrangement très aérien, soprano souple et délicat.
Chorus de T. Escaich conclue ce cd. L’alto dialogue avec le piano et le quatuor à cordes dans une musique influencée par le jazz mais où l’on retrouve l’univers du compositeur (ostinati, ambiances tendues à l’extrême…).
À l’exception de Piazzolla, le choix de Jérôme Laran s’est porté sur des compositeurs de sa génération, aucune œuvre n’a plus de 10 ans. Dans cette multitude d’esthétiques, voici le disque ancré dans le présent d’un jeune saxophoniste.

Vous pouvez écouter ce disque à la médiathèque du CNSMDP.

contact : jerome.laran@free.fr

Laurent Matheron

Music for saxophone

« Music for saxophone »
JUTLANDIA SAXOPHONE QUARTET
Ixtlan Music
Support disque / Genre classique / Réf. CD-002
Composition Kasper Jarnum

notre avis
Kasper Jarnum est un compositeur danois peu connu en France. Il consacre ce disque au saxophone dans plusieurs configurations :
Sax baryton solo, « When you listen » 2001
interprété par Kasper Hemmer Pihl

Trio sax soprano, clarinette et basson « Introduction » et « Scherzo » 1996
interprété par Michael H. Lund (sax), Florian Navarro (clarinette), Eric Beselin (basson)

Sax soprano solo, « Repulsion I » 1996
interprété par Kasper Hemmer Pihl

Deux sax ténors, « Buzzingdreams » 2002
interprété par Kasper Hemmer Pihl et Claus Olesen

Sax et percussion, « Der Totschlâger und des Rattenfânger » 2001
interprété par Claus Olesen(sax), et Henrik Larsen(percussion)

Sax ténor et piano, « Repulsion II » 1997
interprété par Kasper Hemmer Pihl et Kasper Jarnum(piano)

Quatuor de sax, « Carrying Capacity of the Universe » 2002
Jutlandia Saxophone Quartet avec Claus Olese(sop), Florian Navarro(alto), Michael H.Lund(tenor), et Kasper Hemmer Pihl (baryton).

La musique de Kasper Jarnum est basée sur le travail des timbres, des mélanges de couleurs sonores du saxophone et des autres instruments. Très expressif, ce discours dans une grande homogénéité fond distorsions sonores, mélodies lentes, polyphonies et rythmiques simples. C’est un grand travail sur les masses sonores que la richesse timbrale du saxophone met particulièrement en valeur. Il y a aussi des colorations de musique traditionnelle, et une sensibilité donnant des élans romantiques aux « mélodies » atonales.

La sonorité, toujours le son avant tout, la virtuosité est dans la réalisation d’une recherche de perfection sonore, de plénitude sonore.

Ce disque est une collaboration musicale remarquable des interprètes et du compositeur.

Contact compositeur : kasper@jarnum.dk
Interprètes :
www.jutlandia-sax.com
www.duokapow.dk
www.kasperpihl.dk
www.duosax.dk

Jean-François Becquaert

Solosax

« Solosax »
Luigi GALLO
AUR
Support disque / Genre classique / Réf. AUR CD 6012
Composition Luciano Berio, Paul Bonneau, François Danieels, Claude Debussy, Stephen Morland, Victor Morosco, Ryo Noda, Jeanine Rueff, Marco Tutino
notre avis
Le dernier disque de Luigi Gallo (saxophoniste italien) au titre évocateur nous présente son travail de soliste autour de pièces du répertoire classique du saxophone alto avec des œuvres originales ou transcrites :

Claude Debussy, « Syrinx »
Jeanine Rueff, « Sonate »
Luciano Berio, « Sequenza IXb »
François Danieels, « Suite »
Ryo Noda, « Maï » et « Improvisation I »
Stephen Morland, « Recitatives »
Paul Bonneau, « Caprice en forme de valse »
Victor Morosco, « Blue caprice »
Marco Tutino, « The game is soft »

Luigi Gallo nous offre une belle version de ces œuvres dans une esthétique très homogène et très virtuose. Cependant, je trouve qu’il y a parfois trop de réverbération, et un son global très métallique. Mais les qualités musicales et l’impressionnante vélocité du musicien passeront au dessus, c’est vraiment un bon exemple de jeu facile du saxophone alto classique.

Jean-François Becquaert

Soul role

« Soul Role »
Stéphane GUILLAUME
O+ Music – Distribution Harmonia Mundi
Support disque / Genre jazz / Réf. op 104 hm 87

notre avis
Un presque 1er album (des précisions dans les Cahiers du Saxophone N° 17) pour ce multi-instrumentiste qui s’est forgé une place de choix dans le jazz hexagonal. Depuis une dizaine d’années on l’a vu avec L. Cugny, P. Caratini, le Paris Jazz Big Band, C. Nougaro, D. Lockwood ou M. Benita pour les plus récents. Riche de ces expériences et rencontres, Stéphane Guillaume s’entoure d’une section rythmique impressionnante (soutien, précision et richesse sonore, tout y est !) : Marc Buronfosse – contrebasse, Antoine Banville – batterie, et de Paul-Christian Staïcu — piano, fender rhodes, Claude Egéa – bugle et trompette, David Patrois – vibraphone, marimba, Frédéric Favarel – guitares et Daniel Yvinec – basse et direction artistique.

D’un point de vue instrumental c’est impressionnant. S. Guillaume déploie une large palette sonore sur chaque instrument employé (il alterne saxophone ténor, alto, soprano, clarinette, clarinette basse, flûte, flûte alto quand il n’en joue pas en même temps par le biais du re – recording). Techniquement c’est souvent redoutable et son phrasé est impeccable.
7 des 10 compositions sont signées S. Guillaume. L’orchestration est magnifique et pour varier les plaisirs, l’effectif change tout au long du disque.

Je pourrais continuer les éloges comme ça sur plusieurs pages, c’est assez facile après l(es)’écoute(s) de ce disque. Mais précisons un peu.
Nous trouvons 3 plages en quartet : Sur le Tarmac serait, s’ils existaient encore en jazz, le « single » de ce cd. Une intro au ténor à couper le souffle, un tempo infernal avant que cela ne débouche sur un thème plus aérien.
Avec Piana on prend son temps. Homogénéité de l’ensemble, respiration du pianiste, solo de contrebasse avant un nouveau solo de ténor éblouissant.
Rascar Capac, hommage à Lionel Benhamou, est un long Rubato dans lequel le soprano reste très méditatif.
C. Egea rejoint le quartet sur A Ciel Ouvert, complicité des deux soufflants qui n’en sont pas à leur première rencontre, et sur Charivari avec également F. Favarel à la guitare électrique (intro mémorable) Pour l’occasion P-C. Staïcu échange son piano pour un Fender Rhodes. Ça groove, les solos de soprano puis de trompette somptueux.
Avec D. Patrois et D. Yvinec sur Formica Léo on pense au Dave Holland Quintet : le vibraphone bien sûr mais aussi la mesure, et l’impro débridée au ténor façon Chris Potter.
Duo intime, Les Sources de la Romanche avec un thème magnifique à la flûte accompagné par le vibraphone.
Un superbe trio, Soul Role, hommage au West Coast (surtout J. Giuffre et son trio avec J.Hall et B. Brookmeyer). S. Guillaume (à la clarinette) glisse sur la paire Favarel-Buronfosse ; c’est beau, un vrai régal !
Les 2 autres trios bénéficient d’anches démultipliées… Urban Trek, l’intro du cd. C’est feutré, les contre-chants sont fluides (flûte, flûte alto, clar, clar basse…).
Et Maître Nhôm, enivrant, ambiance mystérieuse, accentuée par les mélismes de la clarinette basse et les entrelacements de la clarinette et du sax alto.

Le fil conducteur : un musicien brillant !

Laurent Matheron

Soledades

« Soledades »
Claude GEORGEL
Metavdo
Support disque / Genre contemporain / Réf. CD 01

notre avis
Soledades est le dernier disque de Claude Georgel pour saxophone solo, saxophone et bande. Soliste, Chambriste et professeur au CNR de Nancy, Claude Georgel nous propose une œuvre originale qu’il interprète et ou compose avec beaucoup de personnalité.

Saxophone solo soprano, alto, baryton :
« Soleil noir », « Rivage Pâle », « Hachoir », « Sel mouillé », « Aiguille rouge » sont ses pièces composées et jouées dans un discours contemporain coloré avec effets d’enregistrement efficaces. C’est une musique très imagée. Une belle performance.

Les « trois danses Syldaves » pour saxophone soprano de Vincent bouchot issues de l’édition musical « vent de sax » de Claude Georgel. Le titre est assez évocateur… j’avoue qu’elles me sont assez obscures…

« Lobük constrictor » de François Rossé pour alto solo. Une pièce du répertoire de saxophone contemporain où comme souvent le compositeur utilise les possibilités sonores et expressives d’une manière efficace et réussie.

Saxophone alto, ténor, baryton et bande :
Un langage musical particulier mariant free jazz, discours contemporain et dynamique rock… des idées originales très rythmiques ou étirées dans le temps.

« Reprise, Echo, Accumulation » de Dominique Clément pour saxophone alto (comme le titre l’indique) utlise des effets donnant une épaisseur sonore et un mouvement répétitif entraînant.

« Prélude à kanente » et « Kanente » de François Rossé issues de l’édition musical « vent de sax ». Ces pièces sont pédagogiquement très efficaces et très claires, de plus l’ensemble bande et saxophone alto sonnent bien.

« In situ » de Dominique Répécaud une pièce « trash » pour baryton et bande (saturations remix…) du « free rock sax » à découvrir.

« Soledades » est un parcours de quatre pièces écrites par Tomàs Gubitsch. Chacune d’elles a son esthétique distincte et montre le saxophone ténor solo dialoguant avec une bande percussive. Une sorte de thème qui se transforme en quatre parties et se développe en fonction des atmosphères sonores de la bande.

Contact : claude.georgel@free.fr

Jean-François Becquaert