Archives de catégorie : Disques

Trio Accanto

« Trio Accanto »
TRIO ACCANTO
Assai
Support disque / Genre contemporain / Réf. 222502
Composition Stefano Gervasoni, Toshio Hosokawa, Brice Pauset, Mauricio Sotelo
notre avis
Yukiko Sugawara, piano
Marcus Weiss, saxophone
Christian Dierstein, percussion

4 pièces :
Réalisées avec une très grande finesse musicale, ces quatre pièces font du Trio Accanto (sax, piano, percussion) une formation de référence dans ce domaine.

Mauricio Sotelo : « De Magia » (1995)
Le thème annonce tout de suite le monde où le compositeur veut nous emmener : les deux traités de magie de Giordano Bruno écrits en Allemagne en 1590.

« […] Giordano Bruno rapproche dans toute son œuvre les concepts d’espace et de matière, en définissant l’univers comme un objet empreint d’esprit et d’intelligence, peuple dans ces traités le monde d’une variété infinie de démons : apparitions évanescentes de la substance unique de l’univers, traces d’une écriture en hiéroglyphes fantomatiques […] »

Mauricio Sotelo

La magie, la sculpture d’Alberto Giacometti (l’homme qui marche), et la pièce pour deux violons de Luigi Nono (Hay que camina, sognando) nourrissent aussi le thème surnaturel du son qui : « atteint ici sa forme corporelle par un mouvement lent et continu. Il dessine dans l’espace une sorte d’écriture hiéroglyphique : lien ou nœud des mondes possibles, de temps, d’espaces ou de relations qu’il traverse en se mouvant. » Tout est dit…

C’est une très belle pièce pour découvrir la musique « d’action théurgique », l’atmosphère sonore y est extra-ordinaire.

Toshio Hosokawa : « Vertical Time Study II » (1994)
Le thème est celui de l’espace sonore au sens large du terme. Le sax baryton puis le piano et la percussion dialogue grâce à des ponctuations sonores suivies de moments de détentes étirés dans le temps. Cette pièce est dans la continuité de l’époque sérielle, dodécaphonique.

« Le saxophone représente la voix d’un homme isolé dans la nature universelle, figurée par les deux autres instruments, qui l’enveloppe et en même temps le cerne de manière inquiétante […]»
« La profondeur de chaque note est essentielle. Elles naissent des tréfonds de l’arrière-plan pour y retourner ensuite […] »

Toshio Hosokawa

Stefano Gervasoni : « Rigirio » (2000)

[Le thème a priori du mot rigirio] « est extrait d’un poème de l’auteur italien contemporain Franco Fortini : il signifie le fait de tourner sur soi-même avec un sentiment de torture, tout en y trouvant un certain plaisir […] »

Stefano Gervasoni

La musique est pourtant assez planante, elle travaille transforme imagine un monde qui torture notre fameuse quinte juste, tempérée et naturelle. C’est là que l’intérêt de la juxtaposition sax baryton et piano percussion marche encore très bien grâce au trio Accanto. Les sons du baryton medium grave mélangés au marimba donnent un son boisé très chaleureux.

Brice Pauset : « adagio dialettico » (2000)
Le thème est ici une certaine définition du baroque par Guy Debord : « comme un monde qui aurait perdu son centre ».

« Dans cette musique rien ne se fixe, chaque nouvel élément est une tentative possible de résorption dialectique de tensions ».

« Mon premier empressement a été de me démarquer autant que possible des habituels clins d’œil au jazz et à ses sempiternels clichés tiédasses. »

Brice Pauset

Apparemment, le compositeur n’aime pas le mélange de style… Marcus Weiss est toujours aussi brillant au soprano, malgré cette musique très décousue, il arrive à la faire vivre et transcende la partition.

Un très beau disque.

Pour le trouver, contacter Marcus Weiss : marcusweiss@tiscalinet.ch

Jean-François Becquaert

In fine solu

« In fine solu »
Jean-Pierre BARAGLIOLI
Dapheneo
Support disque / Genre contemporain / Réf. A210
Composition Gustavo Beytelmann, Thierry Escaich, François Jeanneau, Sylvain Kassap, Yves Queyroux, Martial Solal, Michel Zbar

notre avis
“In fine solu” est le dernier disque de Jean-Pierre Baraglioli. Il interprète et enrichi le répertoire du saxophone solo avec un discours musical d’aujourd’hui. Une musique faisant corps avec le saxophone, une musique profondément onirique, jouant sur les timbres, la vélocité, la sensualité de cet instrument aux caractères si particuliers. De plus, le parti pris du lyrisme dans l’interprétation de Jean-Pierre Baraglioli multiplie les effets, l’efficacité, la beauté de ce répertoire. Ce disque dévoile intimement les caractères des compositeurs et de l’interprète ; on peut ressentir à l’écoute une magnifique solitude méditative, d’autant plus que le disque s’écoute d’un seul trait, avec une réelle cohérence de l’enregistrement et de l’interprétation. (le disque a été enregistré en une journée)

Les œuvres du disque :
Sylvain Kassap, balkanique, ijeza
Gustavo Beytelmann, fragment d’un jardin mélancolique
Yves Queyroux, ellipse
Martial Solal, pièce de collection
Thierry Escaïch, lutte
Michel Zbar, cinq clairs-obscurs
François Jeanneau, monodie

On trouve “in fine solu” chez Vandoren Paris, rue Lepic.
À la Fnac (selon les fnac, à commander), en contactant par mail : jp.bara@free.fr

Jean-François Becquaert