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50 ans de modernité musicale, de Darmstadt à l’Ircam

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« 50 ans de modernité musicale, de Darmstadt à l’Ircam »
Célestin Deliège
Éditions Mardaga

Professeur d’analyse au Conservatoire Royal de Musique de Liège, il a également animé les émissions Musique Nouvelle à la RTBF de Bruxelles.
Cet ouvrage est une mine d’informations sur les œuvres et les compositeurs majeurs du XXe siècle. Mais surtout, c’est un des rares ouvrages à tenter de donner une vision d’ensemble, exhaustive et intelligible du paysage de la musique contemporaine. Il analyse les différents courants esthétiques, les différentes conceptions et systèmes mis en œuvre par les compositeurs qui “font école”, les enjeux techniques et technologiques. Mais son grand mérite est que la description très précise des apports de chaque compositeur est insérée dans une vision globale du contexte musical et artistique. Il compare et met en relation les écoles, les théories, il révèle un réseau d’influences et des filiations qui sont autant de clés pour comprendre et jouer la musique contemporaine.

Comme le sous-titre l’indique, l’auteur a choisi de ne s’intéresser qu’à la dernière moitié du siècle dernier et il ordonne son ouvrage en trois livres et autant de périodes : de 1945 à 59, de 1960 à 74 et de 1975 à 2000 (il est publié en 2003 chez Mardaga). Abondamment illustré d’exemples et d’analyses d’œuvres, c’est un outil précieux et pédagogique même s’il reste une somme de 1025 pages. Il n’y a pas de passage réservé au saxophone mais j’ai noté trois analyses d’œuvres de notre répertoire : la Sequenza VII pour hautbois (VIIb au soprano) de L. Berio, Dialogue de l’ombre double de P. Boulez (il en fait une version pour saxophone créée en 2001) et Solo pour instrument mélodique de K. Stockhausen. Ce qui peut intéresser spécifiquement les saxophonistes c’est de comprendre l’écriture et les influences des compositeurs d’œuvres “avec” notre instrument (beaucoup de pièces ont été adaptées par les compositeurs eux-mêmes et certaines n’ont pas été pensées pour un instrument particulier) car les plus importants y sont cités. Notamment et dans le désordre : Xenakis, Pousseur, Ferneyough, Scelsi, Grisey, Denisov, Kagel, Aperghis, Carter, Sciarrino, Cage, Riley, Reich, Ligeti, Nunes, Eötvos…

À noter également, un chapitre très intéressant sur l’improvisation, rarement traité dans ce genre d’ouvrage, et l’évocation des ensembles New Phonic Art, Nuovo Consonanza, GERM.

Périg Le Cadre